Prothèse en silicone : quels dangers ?

 

Prothèse en silicone, quels dangers : Explications du Docteur POIGNONEC

Crédit vidéo :Pr Laurent LANTIERI hôpital Européen Georges-Pompidou à Paris

Le Vrai – Faux sur la prothèse en silicone !

En résumé à propos de 32 méta études sur les patientes porteuses de prothèse en silicone (sauf PIP), les femmes porteuses de prothèses mammaires feraient statistiquement MOINS de cancer du sein et moins de cancer de l’endomètre.

De nombreux facteurs pourraient l’expliquer: les femmes porteuses d’implants seraient mieux surveillées sur le plan médical par leur gynéco et leur chirurgien, la prothèse en place appuierait sur la glande mammaire en réduisant l’apport vasculaire, les patientes porteuses de prothèses seraient plus minces, plus sportives que la population générale elles auraient eu plus souvent une première grossesse assez jeune.

Pour le côté négatif il y a aurait une légère augmentation de l’incidence de la polyarthrite rhumatoïde et un rousse suicidaire un peu plus élevé.
Les patientes porteuses de prothèses seraient plus fragiles psychologiquement et attachant beaucoup d’importance à leur apparence.

Prothèse en silicone : quels dangers ?

Depuis de nombreuses décennies, les implants mammaires à base de gel de silicone ont été associés à diverses pathologies. En 1992, devant l’absence d’éléments probants témoignant de leur innocuité, l’US Food and Drug administration (FDA) avait même requis un moratoire temporaire suspendant leur utilisation.

En 2006, ce type d’implants a été réintroduit sur le marché, dans des conditions plus strictes après avis de la FDA puis un registre de surveillance a été mis en place en 2012. Il a été également procédé à une revue systématique visant à préciser les possibles associations entre implants mammaires avec gel de silicone et diverses pathologies, avant tout des affections néoplasiques et auto-immunes.

Analyse de 32 études sur la prothèse en silicone

Cette revue s’est appuyée, pour l’essentiel, sur une recherche bibliographique dans les principales banques de
données informatiques, depuis leur création jusqu’en Juin 2015.

Toutes les études longitudinales visant à comparer l’état de santé de femmes avec et sans implants mammaires ont été incluses, à l’exception de celles concernant les injections directes ou par expandeurs tissulaires à base de silicone, de celles ayant utilisé les prothèses, rappelées depuis, de la marque Poly Implant Prothèse (PIP) et de celles dont les femmes présentaient une symptomatologie particulière, rhumatismale notamment.

L’analyse a porté sur les associations possibles avec les cancers, les affections rhumatismales et auto- immunes, les maladies neurologiques, de la reproduction et de la descendance, enfin la pathologie mentale. Plusieurs méta-analyses distinctes ont été conduites avec calcul de la taille d’effet (effect size ; ES) autrement dit l’importance de l’effet examiné, en fonction des indications (augmentation de volume ou reconstruction mammaire) et du type de prothèse (silicone vs sérum salé ou autre constituant). Autant que possible ont été intégrés des facteurs de confusion éventuels tels qu’une histoire familiale, le poids corporel, des antécédents de dépression, un éthylisme ou un tabagisme actif…

Après relecture in extenso des articles sélectionnés en première analyse, 32 études, couvrant 58 publications étaient éligibles à la revue systématique. Dix-neuf étaient d’origine nord- américaine, 10 d’Europe de Nord, 2 d’Europe du Sud et 1 d’Australie. La période d’implantation s’étalait de 1964 à 2003 ; le suivi variait de 1 à 27 ans.

Quatorze études ne concernaient que des indications d’augmentation du volume mammaire et 5 n’ont porté que
sur des reconstructions. Seules 11 sur 32 se sont intéressées uniquement aux prothèses à base de gel de silicone. 3 étaient des études cas contrôle ; les 29 autres des études de cohorte. Il n’y avait que 3 études prospectives. Diminution du risque de cancer du sein et de l’endomètre

Les associations éventuelles entre implants mammaires et pathologie néoplasique ont été le plus étudiées. Onze études portent sur l’incidence des cancers du sein après implant pour augmentation du volume mammaire.

Toutes font état d’une diminution notable du risque cancéreux. Une méta analyse de 6 d’entre elles, autorisant
des comparaisons directes, confirma un ES significatif à 0,63 (pour un intervalle de confiance à 95 % [IC] compris entre 0,54 et 0,73). Une seule étude concerne les seuls implants avec gel de silicone, retrouvant une même tendance bien qu’avec des résultats non statistiquement significatifs. Deux études se sont penchées sur le risque de cancer de l’endomètre. Là encore, tous types d’implants confondus, il est notée une diminution de l’incidence de la pathologie cancéreuse intra utérine avec des résultats significatifs dans une publication et non significatifs dans la seconde. Huit études ne retrouvent aucune association avec le cancer du poumon.

Risque augmenté de polyarthrite rhumatoïde et de syndrome de Sjögren

Parmi les affections rhumatologiques, 11 études ont été consacrées à l’incidence de la polyarthrite rhumatoïde après implants. Une méta analyse, grevée toutefois d’une forte hétérogénéité, retrouve une augmentation du risque, avec un ES statistiquement significatif à 1,38 (IC : 1,06 – 1,80). Il en va de même pour les 3 publications ayant spécifiquement porté sur les implants à base de gel de silicone (ES : 1,42; IC : 1,04- 1,95). Aucune différence n’est décelable en fonction de l’indication : reconstruction ou augmentation de la taille des seins. Pour le syndrome de Sjögren, une méta analyse retrouve une probable association, à la limite de la significativité (ES : 2,92; IC : 1,01- 8,47). Onze études, très hétérogènes de par la variabilité des critères retenus pour le diagnostic, fournissent, dans le syndrome de Raynaud des résultats très dispersés, la méta analyse rapportant un ES à 1,33 (IC : 0,79- 2,25).

Pas d’effet sur l’incidence des maladies neurologiques mais peut-être une tendance suicidaire accrue

On ne décèle aucune association pathologique entre implants mammaires et maladies neurologiques, dont la sclérose en plaque. Il en va de même pour les maladies de la reproduction ou de la descendance. Concernant la santé mentale, seules 2 études ont été analysées, qui ne mettent en évidence aucune association entre implants et risque de dépression.

Par contre, 6 études comparatives retrouvent un taux de suicide accru chez les femmes porteuses de prothèses mammaires, avec toutefois, suivant les publications, un ES variant très largement entre 1,10 et 13,1 et, pour la plupart, absence de prise en compte de facteurs confondants. Plusieurs analyses de sous groupes ont été conduites, en fonction de l’âge de la femme lors de l’implantation, de l’année de pose, de la durée du suivi, de l’indice de masse corporelle…, sans mise en évidence de liaison patente. Seule une publication rapporte un risque de cancer du poumon croissant avec la durée d’implantation de l’implant, notion non confirmée dans 2 autres études. On ne peut, non plus, retrouver de divergences selon que la prothèse avait été mise dans un but d’augmentation de volume ou de reconstruction mammaire.

Prothèse en silicone : toujours un manque de preuves

Au total, malgré un nombre relativement élevé d’études, les preuves d’une association entre prothèses mammaires et dégradation de l’état de santé à long terme sont souvent insuffisantes, notamment pour les implants à base de gel de silicone. Les différents facteurs confondants potentiels ont rarement été pris en compte dans l’analyse. On peut cependant déceler, de façon globale, une diminution des risques de cancer du sein et de l’endomètre et au contraire, un risque accru de polyarthrite rhumatoïde, de syndromes de Sjögren et de syndrome de Raynaud sans que la prothèse en silicone n’apparaisse spécifiquement en cause.

La diminution de l’incidence du cancer du sein pourrait avoir des explications multiples. La population féminine recourant aux implants serait, dans des domaines variés, différente de la population générale : poids corporel moindre, plus d’exercices physiques, meilleur état de santé, prise plus importante de contraceptifs, âge plus jeune à la première grossesse… Il est aussi possible que la mise en place d’une prothèse conduise à un renforcement du système immunitaire , voire exerce un effet de compression sur la masse glandulaire, avec moindre apport vasculaire, d’où réduction de la température et du métabolisme des tissus mammaires…

Sur le plan du risque suicidaire, il est possible que les femmes avec implants soient plus fragiles psychologiquement. Les données de cette revue rejoignent les conclusions de la FDA qui, dès 2011, avait révélé une baisse plus notable des cancers du sein et une augmentation du risque suicidaire après implants mammaires, comparativement à la population générale. Il importe toutefois de signaler que la plupart des travaux ont porté sur des femmes blanches, originaire des USA ou d’Europe du Nord, sur des implants d’ancienne génération, posés pour la plupart dans le milieu des années 1990 et n’ont pas concerné spécifiquement ceux avec gel de silicone. En outre, l’association au très rare lymphome anaplasique à grandes cellules n’a pas été analysée.

A ce jour, il est à regretter que l’on manque encore d’éléments probants pour mettre en évidence une éventuelle
association entre prothèse en silicone.

Dr Pierre Margent

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Dr. Sylvie POIGNONEC chirurgien plasticien et esthétique au Centre Médical Esthétique Parisien
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